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Faut-il soutenir son chef quand il est en difficulté ?

L’oeil du coach  –  Par Laurent Tylski – Coach de dirigeant – DG Acteo Consulting

Faut-il soutenir son chef ? Le cas est délicat et les risques sont majeurs dans les deux cas. Soutenir son chef : c’est risquer de parier sur le mauvais cheval ; ne pas le soutenir c’est risquer de se le mettre à dos et de voir s’envoler ses possibilités d’augmentation de salaire et d’évolution.

OUIOUI

NON

 

Un manager qui comprend les problèmes concrets de ses collaborateurs est souvent apprécié. L’inverse est aussi vrai. Les responsables sont pris dans des problématiques, des exigences et des jeux de pouvoir bien particuliers. Ils se montrent reconnaissants envers les membres de leur équipe qui réussissent à comprendre et à discuter de ces enjeux.

C’est le moment de faire front, d’oser lui parler et de lui montrer que l’on est derrière lui. Cela va le rassurer et lui permettre de mieux affronter sa hiérarchie. A vous d’être politique et psychologue. Si vous comprenez que votre chef subit une grosse pression et que vous proposez votre aide, il appréciera. Un manager se trouve isolé vis-à-vis de son équipe : il se montrera d’autant plus intéressé par les collaborateurs qui arrivent à se glisser dans sa peau. Attention : il ne s’agit pas d’être systématiquement d’accord avec lui, loin de là, mais saisir ses questionnements pour discuter d’égal à égal. Cela vous permettra de gagner son respect et de générer une situation de dette envers vous. Se montrer digne de confiance constitue le meilleur moyen d’obtenir de la reconnaissance ainsi que davantage de responsabilités. Vous créerez une situation « gagnant-gagnant » avec votre boss. De plus, l’entreprise saura que vous êtes fidèle à votre manager et que vous respectez la hiérarchie. C’est un gage de professionnalisme qui sera reconnu. Vous marquerez des points pour votre évolution future.

Ne pas soutenir son chef est également très risqué : les cas de collaborateurs virés parce qu’ils n’ont pas soutenu leur chef sont légions. Je me souviens d’une DRH qui a demandé à une collaboratrice de faire un écrit sur les manquements de son manager. Au final, c’est la collaboratrice qui a été remerciée : Vous connaissez rarement les appuis politiques de votre boss.

Mais attention, ne soutenez votre chef à tout prix si :

  • Encore faut-il que la situation ne soit pas désespérée : sinon abstenez-vous !
  • Vous optez pour la connivence
  • Vous êtes récent, novice ou si vos résultats ne sont pas à la hauteur, ne vous permettez pas de vous mettre votre chef à dos
  • Profitez d’un rdv en tête à tête pour lui confirmer votre soutien
  • Elaborer un plan d’action pour le soutenir et discutez-en avec lui
  • Montrez votre engagement et montrez que vous êtes prêt à affronter les difficultés avec lui : raisonnez solution plutôt que problème !

47 % sont prêts à ne pas le soutenir «pour le bien de l’entreprise»*

 

24% ne le soutiennent pas pour raison de «stratégie professionnelle »*

 

17% pensent que c’est «très dangereux»*

S’opposer à sa hiérarchie est un exercice risqué. Mais si la situation l’exige et que vos arguments sont constructifs, votre courage sera porté à votre crédit. Alors, jouez finement !

Votre patron est sympa et adorable, mais ses prises de décisions sont farfelues voire nocives pour le service et les résultats. Il se met lui-même dans l’embarras et commet bourdes sur bourdes dans ses relations avec sa hiérarchie. Ne pas soutenir son chef doit être une démarche mûrement réfléchie qui ne doit en aucun cas être portée par l’affect.

Et, parfois c’est nécessaire. Osez le by-pass et exprimez vos perceptions auprès de votre N+2. C’est l’arme ultime, à condition d’être crédible et irréprochable : « Telle décision n’est pas raisonnable, ni équilibrée ». Le tout en vous appuyant sur des chiffres, des dates, des faits incontestables. Il y a de fortes chances pour qu’il ait déjà eu vent de difficultés dans le service. Vous lui donnez des billes pour intervenir.

C’est la seule façon que les choses bougent ! Vous vous ferez remarquer et cela renforcera votre légitimité et votre crédibilité. Particulièrement si l’éthique et la probité sont remises en cause. Mais attention, respectez certains prérequis :

  • Soyez irréprochables
  • Renseignez-vous sur les antécédents de l’entreprise
  • Evaluez la situation avant d’exprimer votre opinion. Vérifiez les faits et ne vous attaquez qu’aux grandes causes, pas aux détails
  • Evaluez tous les aspects, les risques, les pro et les cons, et ne partez en croisade que si tout espoir est perdu pour votre chef et si l’enjeu est réellement important
  • Ne vous mettez pas votre chef à dos pour des broutilles ou des éléments fallacieux
  • Veillez à être en position de force avant de vous exprimer : êtes-vous bien vu dans l’entreprise, êtes-vous crédible grâce à vos bons résultats ?
  • Prenez des précautions sur la forme : « J’ai sans doute mal compris tel fonctionnement interne, mais il me semble que… »
  • Jamais en public : Rien de pire que de contredire son chef en public. Choisissez plutôt de régler vos affaires en privé et sollicitez, pour cela, un entretien individuel auprès de votre N+2
  • Ne jouez pas sur le registre émotionnel et soyez factuels
  • Proposez toujours des solutions de rechange, avec, par exemple, une stratégie différente ou un business plan novateur
  * Source : Enquête de l’agence d’intérim Qapa menée sur 4,5 millions de candidats à l’emploi et 135.000 recruteurs – Juillet 2018

Laurent Tylski est directeur général d’Acteo 

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