Doit-on parler politique au bureau ? avis du coach

57% des salariés avouent parler politique en entreprise **

31% des salariés jugent qu’une discussion politique au bureau peut bloquer à terme une augmentation ou encore conduire à leur licenciement**

Fillongate, Crise, chômage, retraite, parité, Europe, précarité, chômage, élections présidentielles, Trump, Brexit, à l’aube des élections présidentielles, les sujets de discussion politique sont légion.

Coaching

Politique coaching de dirigeants

OUI

Dans la tourmente du Fillongate, il est difficile d’éviter le sujet. Brexit, Trump, primaires, les français ont un regain d’intérêt pour la politique ; pour preuve le record d’inscription sur les listes électorales. Ce n’est plus un sujet tabou. Au contraire, au sein de l’entreprise la moitié des salariés échange sur l’actualité politique pendant les pauses, souvent avec leurs collègues, rarement avec leur supérieur hiérarchique. Il faut dédramatiser et désacraliser la politique en entreprise. Moins le sujet est tabou, moins il y a de crispations. Ces échanges reflètent leurs préoccupations au quotidien. Ils permettent d’avoir des discussions intéressantes et d’actualité, de sortir du cadre, prendre de la hauteur et stimulent la créativité.

Certains secteurs sont privilégiés, les agences de communication décortiquent les scandales, les sociétés de formation, prennent leurs exemples dans l’échiquier et dans tous les secteurs, parler politique dans l’entreprise est un droit ! Citoyen, le salarié bénéficie de sa liberté d’expression, même à l’intérieur de son entreprise*. Les risques de sanction sont limités, voire nuls. Il ne peut donc être licenciés pour ses opinions politiques. Un employé victime de ses prises de positions peut d’ailleurs « demander sa réintégration dans la société et des dommages et intérêts à l’entreprise ».

Alors lâchez-vous et n’hésitez pas à parler des bourdes et des incohérences de nos politiques pour égayer vos déjeuners. Vous pouvez commenter, selon le coach, sans aucun risque l’emploi de Madame Fillon comme attachée parlementaire, voire vous indigner pour les sommes qu’elle est censée avoir touchées. Vous délecter des invitations des stars à Bercy par Emmanuel Macron, et la pertinence du revenu universel proposé par Benoît Hamon. Personne n’a tort à 100 % et le fait le fait d’être fidèle à sa ligne de pensée inspire du respect pour l’engagement de chacun.

NON

Etes-vous vraiment prêt à vous battre pour vos idées ? Gardez vos opinions secrètes !

Faut-il afficher ses préférences politiques à ses collègues sans pour autant jouer le remake du dernier débat des primaires au milieu de l’open space ? Le sujet est épineux. Déjà que les conversations entre supporters d’équipes de foot rivales peuvent rapidement devenir tendues, qu’en est-il quand deux collègues ont des avis politiques opposés ? Il est inacceptable de défendre un parti ou un candidat auprès de ses collègues, c’est dangereux, conflictuel et totalement inutile. Ce n’est ni le lieu, ni le moment de faire du clientélisme. Afficher un poster ou un badge et distribuer un tract sont aussi des actes de militantismes qui sont très mal vus. De plus vous serez étiqueté, considéré comme l’élément perturbateur dans l’équipe, et vous allez à tous les coups déplaire à votre hiérarchie… La politique est un terrain glissant, d’ailleurs la plupart des salariés jugent qu’une discussion politique au bureau peut bloquer à terme une augmentation ou encore conduire à leur licenciement.  Ils craignent de voir leur promotion bloquée. Sachez que pour 60% des employés**, les discussions politiques ne changent rien à leur propre conviction il ne sert à rien de prêcher pour votre parti politique favori ou encore de faire la promotion de celui ou celle qui prendra en main le destin de la France. Alors abstenez-vous et restez focalisé sur le boulot !

 

Magazine Capital : Interview de Laurent Tylskiacteo consulting

Photo : François Fillon, Emmanuel Macron, Marine Le Pen, Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon, Manuel Valls

* articles 10 et 11 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen : “nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi” et de “la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre à l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi”. *article 10 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme au niveau communautaire.

** Enquête Opinion Way

 

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