L’oeil du coach : Est-il raisonnable de contredire son chef ? 

Par Laurent Tylski – Coach de dirigeant – DG Acteo Consulting

Le jeu en vaut-il la chandelle ? Avant de contredire votre boss, posez le pour et le contre et raisonnez en termes de bénéfice : Quel est l’avantage de m’opposer à lui ? Quel est le risque de le contredire ? Puis prenez la bonne décision : Une confrontation positive qui ouvre au débat et à la discussion ou une abstention de bon aloi pour éviter le refus de coopération et l’insubordination.


OUIQui n’a jamais contredit son chef ? Si vous ne l’avez pas fait, il est urgent de travailler sur votre affirmation de vous-même.

Par conviction ou par bon sens, l’art de la contradiction se fera dans la forme, l’argumentaire et le choix du moment. Ne faites pas dans le refus de d’autorité mais positionnez-vous bien au contraire dans une confrontation positive.

Mettez-vous à la place de votre supérieur pour pouvoir anticiper sa réaction. Comprendre ses motivations vous permettra de mieux formuler votre perception. Osez l’impertinence constructive sans être ni dans l’attaque, ni dans l’agressivité ou le jugement en relativisant les conséquences.

Personnalisez votre expression : je comprends, je suis surpris, je suis étonné. Pour être écouté, préférez le  » nous  » au trop agressif « tu ». D’ailleurs, ne dit-on pas le « tu » « tues ». Exemple : « Tu n’as pas pris en compte tel ou tel élément ». Privilégiez les formules telles que « Nous n’avons pas suffisamment bien préparé nos arguments » ou, « Voilà les risques que nous encourons », qui seront toujours mieux perçues.

Avec courage et audace, le sourire et un timbre de voix neutre, osez l’humour sans pour autant tomber dans l’ironie. Formulez toujours vos phrases de façon positive et évitez de dire « Oui, mais… »

L’objectif est de s’exprimer en trouvant une alternative. Soyez préparé, franc et poli. Sans vous justifier, allez droit au but dans votre expression. Faites le listing de vos arguments factuels étayés par des chiffres et des exemples. Proposez deux solutions qui permettent à votre hiérarchie  de se concentrer sur le « next step » et non sur la contradiction. Cela montrera que vous êtes dans la co-construction, que vous avez non seulement préparé vos arguments et que vous raisonnez solutions plutôt que problèmes.

Une règle d’or d’impose : Ne jamais contredire  son chef en public. Ayez toujours  cette conversation en privé et choisissez le bon moment. Vérifiez qu’il sera disponible et à l’écoute pour entendre vos arguments. Ne l’approchez pas lorsqu’il est stressé ou occupé. Si vous savez qu’il est toujours le premier arrivé, présentez-vous au travail avant vos autres collègues.


« Je vais me le taper ! » Ça y est, c’est dit ! C’est la goutte d’eau qui fait déborder l’océan. Cette fois ci,  je prends mon courage à deux mains et je vais lui montrer à qui il a à faire !

La forme sera forcément abrupte ou agressive. L’émotion prend le pas sur la raison et contredire son chef peut être considéré comme de l’insubordination (article L1222-1 du code du travail).

Certains managers ne supportent pas que leurs collaborateurs aient du répondant. Fuyez la contradiction, c’est l’échec assuré. A quoi bon créer un esclandre ou un conflit ? Vous risquez la dégringolade en cascade : être mal vu, mis en marge de l’équipe, rejeté, vu comme incompétent… et adieu les possibilités de promotion. Le respect de la hiérarchie s’apprend. Les Anglo-saxons appellent cela le « Political Savvy » – L’intelligence politique ; condition sine qua non pour évoluer dans l’entreprise.

Que vos arguments aient pour but de contester son pouvoir ou sa position dans l’entreprise, votre manager pourrait comprendre que vous n’avez pas les mêmes objectifs que lui. Il risque alors de vous considérer comme un ennemi. Faites-lui comprendre que vous n’êtes pas 100 % d’accord mais que vous abondez dans son sens pour le soutenir. En ne le contredisant pas, vous pourrez capitaliser sur votre connivence et renforcerez la confiance qu’il a en vous. Il se sentira redevable. Cela vous permettra d’obtenir des moyens supplémentaires le jour où vous en aurez besoin…Vous saurez lui rappeler que vous l’aviez soutenu.

Enfin, si votre supérieur vous demande de faire quelque chose d’illégal, vous avez le droit et le devoir de lui refuser.


Le curseur du coach de dirigeants :

OUI

                                                                                                                                          


Laurent Tylski est directeur général d’Acteo 

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