L’oeil du coach professionnel : Faut-il dénoncer un collègue (ou un chef) qui fraude au bureau ?

De plus en plus de sociétés organisent des procédures internes de dénonciation en mettant en place des mécanismes que les américains appellent le « whistleblowing » (traduction : dénonciation). Une pratique qui pose un certain nombre de questions tant juridiques qu’éthiques. Qu’est-ce que la dénonciation ? Subtiliser une ramette de papier ou des chemises plastiques en douce au bureau reste une infraction aux lois, tout comme piquer dans la caisse pour signer de faux contrats pour gagner ses commissions. En Suisse et au Canada, une loi oblige les employés d’Etat à dénoncer leurs collègues lorsqu’il y a une fraude établie. Les codes de déontologie des organisations dictent à leurs employés de sonner l’alarme s’ils sont témoins d’une magouille au travail. Alors faut-il donc dénoncer les fraudeurs ?

Alors faut-il dénoncer les fraudeurs ?

OUI

OUI

NON

Comment peut-on se regarder dans le miroir quand on sait que son collègue ou son manager arnaque l’entreprise et qu’on le laisse faire ?

 

Il faut agir avec loyauté. L’honnêteté intellectuelle oblige à dénoncer les faits les plus aberrants. Ne pas agir est aussi grave que d’être témoin d’un vol sans intervenir. «J’ai fait mon devoir. Autrement, j’aurais perdu toute crédibilité auprès de mes enfants, à qui je tente d’inculquer des principes moraux ».

 

Plusieurs dénonciateurs affirment que cette expérience a donné de l’épaisseur à leur existence. Sans doute parce que la lutte interpelait leurs valeurs fondamentales, au-delà des iniquités subies, sonner l’alerte apporte un « certain sens de l’honneur ».

 

Alors agissez ! Restez factuels et exigez la confidentialité par écrit pour que les détails de la magouille soient gardés secrets. Choisissez bien votre interlocuteur pour annoncer les choses : votre N+1, les ressources humaines ou la personne en charge du juridique. N’allez pas voir votre patron comme une furie revancharde pour lui tenir un discours lyrique sur l’honnêteté. Rendez compte de vos préoccupations avec calme et objectivité, soyez factuels. Démontrez-lui comment telle infraction nuit à la productivité et risque de ternir la réputation de l’entreprise. Ces mots clés attireront son attention. Souvent la fraude est motivée par l’appât du gain, la volonté de se faire bien voir et parfois par la vengeance ou la jalousie. Ne dénoncez que des faits dûment vérifiés, sans faire d’interprétation.

 

Si vous êtes manager, vous ne pouvez pas laisser passer une escroquerie, il en va de votre crédibilité professionnelle. Au moins, convoquez votre collaborateur pour le recadrer, voire le sanctionner et informez votre hiérarchie pour maintenir la cohérence et l’intégrité en lien avec les valeurs éthiques de votre entreprise.

 

De plus en plus d’entreprises et d’organismes publics ont un code de déontologie indiquant la marche à suivre en cas de dénonciation ; les avocats recommandent de le respecter à la lettre.

 

 

Silence, on triche mais on maintient une « culture de l’omerta ».

 

Révéler à la direction les fautes d’un collègue est perçu comme de la traîtrise vis-à-vis de la confrérie.

 

Les honnêtes collaborateurs qui dénoncent les magouilles, arrangements autour des règles et entre amis voient leur rapport à leur entreprise modifié, et, malheureusement, rarement pour du mieux.

 

Dénoncer ses collègues de travail figure parmi les aventures les plus questionnantes et génère un stress fort souvent partagé par la famille. La moitié des dénonciateurs voient leur carrière stoppée, comme si dénoncer un collègue était une faute grave. Sans triomphe ni gloire certains craignent pour leur intégrité physique et celle de leurs proches. Voiture vandalisée, exclusion, on constate un acharnement dont sont victimes les dénonciateurs d’actes répréhensibles.

 

En général, les auteurs de délits bâtissent un réseau d’influence à l’intérieur duquel chacun se protège en échange de bénéfices. Parfois la direction est de connivence ou ferme les yeux pour éviter le trouble. Ne sous-estimez pas la malice de ceux qu’ils affrontent. Leur but est de miner la crédibilité de l’honnête collaborateur : ils font circuler des ragots à son propos, ils faussent des données pour lui faire porter la responsabilité des problèmes au bureau, ils remettent en question son professionnalisme et sa hauteur de vue.

 

Un dénonciateur a moins de chances d’être récompensé pour sa droiture et son courage que de gagner à la loterie. Le monde ne deviendra pas plus vertueux grâce à son exemple. Dans la plupart des cas, il ne sauvera personne – encore moins sa peau.

 

N’oubliez pas que ce qui peut apparaît comme un manque d’éthique relève parfois du malentendu ou d’une erreur. La moitié des cas se règlent au terme d’un bon dialogue avec un supérieur. En entreprise, il y a beaucoup plus de maladresses causées par le stress que de mauvaise foi.

 

 

 

 

 

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Laurent Tylski est directeur général d’Acteo 

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