L’oeil du coach : Peut-on être copain-copain avec ses collaborateurs ?

L’oeil du coach  –  Par Laurent Tylski – Coach de dirigeant – DG Acteo Consulting

 

Mélanger amitié et travail avec un supérieur est tout à fait possible… À condition de bien identifier la frontière entre « l’amical » et « le professionnel ». Ce n’est pourtant pas sans danger, la relation amicale et professionnelle peuvent vite se dégrader….

OUIOUI

NON

Bien sûr que manager et collaborateur peuvent partager des signaux d’amitié que l’on qualifiera plutôt de sympathie… Il est normal, voire humainement souhaitable, de ressentir, de l’empathie pour ses subordonnés. À condition de savoir faire la part des choses. Le but est d’arriver à discerner le moment où on est dans une relation professionnelle et celui où cette relation devient amicale. Parfois les deux cohabitent.

 

Alors comment concilier autorité et amitié ? Les positions de chacun doivent être claires et bien acceptées. Il y a alors des règles du jeu auxquelles on se prête au sein de l’entreprise (où les décisions appartiennent au chef), mais pas nécessairement en dehors. Sans avoir ni la même place, ni les mêmes responsabilités, être amis permet de se soutenir mutuellement. En maintenant la réserve nécessaire, sans être familier et en étant juste avec son pote et …. avec les autres.

 

Pour finir, se lier d’amitié avec ses collaborateurs est tout à fait envisageable : une fois qu’ils ne sont plus salariés !

43 % créent des liens d’amitié avec leurs supérieurs hiérarchiques *

Double risque, double peine. La logique de l’amitié et celle du travail sont parfois contraires. De fait, l’interaction entre les deux est plus que risquée. Les problèmes de boulot ne doivent pas ressurgir dans la sphère personnelle et vice-versa.
L’amitié interdit toutes remarques et critiques. Lorsque le manager est amené à faire des choix, ces choix seront-ils légitimes ou dictés par l’affect ? Le piège pour le collaborateur est de se voir mettre à l’écart par ses collègues. Un doute subsistera toujours : « le chouchou » du patron risque de perdre la confiance de ses collègues. L’effet domino est dévastateur : perte de crédibilité, rétention d’informations, manipulation. Lorsque la rupture est consommée – et elle le sera forcément – les mots utilisés sont durs et irréparables : déception, rivalité, trahison… Et que se passera-t-il si le « meilleur pote » obtient une promotion ? Le doute du favoritisme subsistera toujours et ternira l’image du nouveau promu à tous les niveaux de la hiérarchie. On ne peut pas non plus éviter le retournement de situation : si le collaborateur ne fait pas l’affaire, ou si pour des raisons économiques le manager doit s’en séparer,  qu’adviendra-t-il de leur amitié ? La rupture peut-être affectivement douloureuse et professionnellement risquée.
Et n’oubliez pas qu’un chef n’est pas là pour être aimé mais pour être respecté. Le manager-copain risque d’échouer à être le leader dont l’équipe a besoin.
  * Sondage Opinionway décembre 2013

Laurent Tylski est directeur général d’Acteo 

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