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Communication Mélenchon 2012 vs 2017 – Décryptage du coach Laurent Tylski

Ce qui a changé dans la communication de Mélenchon

par Nathalie Samson – Journaliste à l’Express- L’Entreprise – Interview de Laurent Tylski

Sa cote de popularité explose. Le candidat en colère d’il y a cinq ans, apparaît aujourd’hui apaisé et rassembleur grâce à une prise de parole qu’il a su revisiter. Une communication bien rodée dont peuvent s’inspirer les dirigeants. Décryptage avec le coach Laurent Tylski.

Il a su réinventer sa communication. D’un point de vue vestimentaire tout d’abord. Le candidat de la France insoumise a su se créer un look. Sa veste noire un peu atypique, sa cravate rouge carmin et ses lunettes en acier cerclé sont devenues sa marque de fabrique. Mais surtout, il a profondément modifié sa prise de parole. Terminés, l’agressivité et les clashs avec des mots très durs comme lors de la campagne présidentielle de 2012 où il distribuait les coups. L’homme en colère s’est assagi et apparaît même comme rassurant grâce à un éventail de techniques que décrypte Laurent Tylski, coach de dirigeants. Des procédés que l’on doit garder en tête pour toute prise de parole en public.

Un ton résolument positif

C’est un changement majeur. Jean-Luc Mélenchon utilise désormais l’humour pour contrer ses adversaires. Exit les attaques frontales comme celles qu’il lançait sur un ton exaspéré à Marine Le Pen en 2012 : « Vous ne faites que distiller de la haine », « Vous ne servez à rien ». A raison. Les propos d’une telle violence sont contre-productifs car ils décrédibilisent l’orateur.

Le candidat parle désormais de façon positive, un signe d’exemplarité essentiel dans tout discours. Cela motive les troupes ! Un exemple que devrait suivre Emmanuel Macron qui débute souvent ses phrases par la négative ! Dire : « Je crois en l’avenir » est tellement plus engageant que « Je ne crois pas à la fatalité ».

Des phrases courtes qui claquent

Le candidat a aussi revisité son vocabulaire, plus simple et plus accessible à tous. Sans verser pour autant dans le langage uniformisé ou aseptisé des autres candidats (à l’exception de Marine Le Pen) : il reste l’intello qui s’adresse au peuple. Il ose les silences et ses paroles scandées vont droit au but. Un bon point : ses phrases courtes, pragmatiques et percutantes sont facilement mémorisables. Il manie même les rimes: « l’Europe est une grande idée, les traités en sont une grande calamité », ce qui en fait un orateur hors pair.

Chaque idée est étayée en trois parties

«  Je serai le président pour relever le défi climatique, puis nous appliquerons le programme… et nous en finirons avec…. »  Jean-Luc Mélenchon articule chaque idée autour du triptyque : « Je/nous/action ». Un procédé bien connu des coachs en communication : qui part de l’intellect (le ‘je’) puis passe par l’émotion (le ‘nous’) en finissant par une incitation à l’action.

Il  met en action chaque idée de manière systématique: « voilà ce que nous allons faire » et projette son auditoire dans l’avenir. Cette structure qu’il utilise de manière récurrente clarifie le discours. De plus, on s’attend presque à ce qu’il va dire, ce qui renforce le sentiment de proximité. L’auditeur garde ses repères et se remet automatiquement sur son rythme.

Un mode associatif

Le candidat de la France insoumise était dans l’opposition frontale, il est aujourd’hui associatif, rassembleur. Il opine souvent du chef pendant que les autres parlent, donne son assentiment. Dès qu’il trouve un point d’accroche collaboratif, même sibyllin, il rebondit et reprend les différents éléments à son compte « Comme vous venez de le dire, vous êtes d’accord avec moi ». Il utilise aussi beaucoup plus la question rhétorique, sans – évidemment – attendre de répondre. Il fait réagir et prend alors l’auditoire à témoin. Systématiquement, il balaie le public du regard, de façon à faire passer un message fort, sans pour autant attaquer de façon individuelle son interlocuteur…

Mais des limites…

Ce tribun a tout de même ses limites. Il affirme que son discours est étayé par des chiffres, mais n’en cite jamais… Car s’il expose ses chiffres, il aura automatiquement des détracteurs. Il est moins attaquable sur ses grandes idées que sont l’honneur, le cœur, la grandeur… Mais c’est risqué. A un moment donné, il va devoir démontrer que ses chiffres sont corrects et qu’ils tiennent la route.

(1)  Laurent Tylski est fondateur d’Acteo 

Par Nathalie Samson  – Journaliste à l’Express – L’Entreprise – Avril 2017

Lien vers l’article en ligne L’Express

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